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Le manche Le manche d’une guitare est assurément LA pièce maîtresse de l’instrument. C’est la qualité de la fabrication et de l’ajustement qui détermine en bonne partie la qualité de la guitare. Il existe trois types de manches: les manches vissés, les manches collés, et les manches transversaux, qui se prolongent sur toute la longueur du corps. Les manches vissés sont relativement faciles à remplacer en cas de problème. En ce qui concerne l’ajustement, ce sont les plus maniables. La plus grande marque fidèle aux manches vissés est Fender. Les manches collés offrent une qualité équivalente aux précédents; en revanche leur remplacement ou le simple refrettage est très délicat. Faisant partie intégrante de la guitare, ils enrichissent le son car les vibrations se répartissent mieux dans l’ensemble de l’instrument qu’avec un manche collé. Gibson est le plus grand spécialiste des manches collés. Les manches transversaux sont moins fréquents. Ils offrent un son plus clair et plus dur. Leur remplacement est impossible et le refrettage excessivement difficile. L’examen du manche passe également par la connaissance du matériau utilisé pour sa fabrication. De celui-ci dépendront les caractéristiques sonores et le degré de résistance à l’usure. Les principaux bois, en résumé : Erable (maple). Son brillant, précis et incisif. Il s’accorde bien avec toutes les autres essences utilisées pour les corps. Généralement, il est à l’origine des manches vissés et transversaux. Il peut être blond, blanc, jaunâtre. Ses fibres serrées lui donnent différents aspects : ondé, flammé, moucheté. Acajou (mahogany). Il procure un son rond chaud, des attaques douces et
un sustain supérieur. Les graves et bas médiums se trouvent accentués.
Plutôt employé pour les manches collés. Il s’étend du brun moucheté au
marron-rouge. Apparence poreuse. Plusieurs fabricants proposent différents profils ou épaisseurs de manche. Plus le manche est mince, plus il permet un jeu rapide. Mais sa minceur le rend moins rigide et ne facilite pas le réglage de l’action ; elle réduit aussi le sustain. A l’opposé, un manche épais enrichit le son, prolonge le sustain et favorise les actions basses, mais est évidemment plus « encombrant » en main. Comme souvent, la vérité réside souvent dans un bon compromis…
La touche La touche est une lame de bois qui vient recouvrir le manche et qui reçoit les frettes. Sa couleur influence directement l’esthétique de l’instrument, mais la nature du bois de la touche influence aussi la sonorité. Les touches en érable (maple, bois clair) favorisent les sons brillants et intelligibles. Le jeu y est vif et agréable. La touche en palissandre (rosewood, bois sombre) produit des sonorités riches et équilibrées : basses et médiums plus forts, aigus plus lissés. Très agréable au doigt, elle procure une aisance naturelle. Enfin, l’ébène (ebony, bois très sombre) facilite les attaques incisives. Les graves et les médiums sont aussi chaleureux que les aigus sont nets. Les fibres de l’ébène sont très serrées ce qui donne une touche éminemment lisse. Vu son coût, l’ébène est réservé aux instruments de haut de gamme.
Merci au maestro Gaëtan Mangione pour ses commentaires et suggestions lors de la préparation de cet article ! |